L’Assemblée nationale burkinabè a adopté, le mardi 18 décembre 2018, le budget de l’Etat, exercice 2019, a lui soumis par le gouvernement, par 88 voix pour et 38 voix contre sur 126 députés votants.

Les groupes parlementaires Burkindlim et le MPP ont voté pour, les groupes parlementaires PJRN, UPC et CDP ont voté contre. Le groupe parlement RD (Rénouveau démocratique) a donné comme consigne, le vote libre.

Avant le débat général et l’étape du vote, le gouvernement, par la voix du ministre de l’Economie, des Finances et du développement, Hadizatou Rosine COULIBALY/SORI, a fait des propositions d’amendement sur l’article 92, de suppression du deuxième alinéa de l’article 93 et d’institution d’un nouvel article 94 dans le projet de Budget. Après amendement, l’article 92 est formulé ainsi: «Il est institué une prime de motivation. La prime de motivation est servie à des agents publics de l’Etat. Cette prime n’est cumulable qu’avec la seule prime de rendement. Les bénéficiaires, les montants ainsi que les modalités de répartition sont déterminés par voie règlementaire. Toutefois, le montant de ladite prime ne saurait excéder 25% de la masse salariale des bénéficiaires». Le nouvel article 94 stipule que: «Le gouvernement est autorisé à prendre des mesures d’accompagnement tenant compte des conséquences de la nouvelle configuration de la prime de rendement». Aussi, le ministre a, dans une déclaration, présenté le budget de l’Etat, exercice 2019.

Ce budget se chiffre en recettes à 1 954,564 milliards de F CFA et en dépenses à 2 213, 318 milliards de F CFA. Ces dépenses sont constituées de dépenses courantes qui représentent 71,39% et de dépenses en capital. Les dépenses courantes en 2019, selon Hadizatou Rosine COULIBALY/SORI, rendent difficiles la politique du gouvernement qui vise à orienter prioritairement les ressources publiques vers les dépenses d’investissement. La prédominance des dépenses courantes dans le budget 2019 s’explique essentiellement, a-t-elle fait savoir, par l’évolution des dépenses de personnel. Ces dépenses sont passées de 334,36 milliards de F CFA en 2013 à 700 milliards de F CFA en 2018 et 835 milliards de F CFA en 2019. Elles sont plus de 49% des recettes propres du Budget de l’Etat. «Plus de 55% des recettes fiscales domestiques sont allouées aux salaires. Des efforts doivent être faits pour, d’une part, maîtriser l’évolution de la masse salariale et, d’autre part accroître considérablement le niveau des recettes fiscales, si l’on veut respecter, conformément à nos engagements, le ratio de 35% en 2021», a relevé le ministre en charge de l’Economie, des Finances et du Développement. Hadizatou Rosine COULIBALY/SORI qui a, par ailleurs, indiqué que les travaux en cours pour la mise en œuvre des recommandations de la conférence des forces vives de la Nation sur le système de rémunération des agents publics devrait aboutir à la mise en place d’une nouvelle grille indiciaire et une nouvelle grille indemnitaire bâties sur des principes d’équité, de justice et surtout de soutenabilité, à moyen terme, des dépenses de personnel.

Les dépenses d’investissement, au niveau du budget 2019, se chiffrent à 628,057 milliards de F CFA contre 790,555 milliards en 2018. L’épargne budgétaire s’élève à 116, 824 milliards de F CFA contre 227, 772 milliards de F CFA en 2018. Quant au déficit budgétaire, il est estimé à 258,725 milliards de F CFA en vue de respecter les critères de convergences. Ce déficit sera couvert par les annonces d’appui budgétaire et les emprunts obligataires. Rapporté au PIB, le déficit budgétaire en 2019 se situerait à 3%.

Les recettes propres s’établissent à 1 697 milliards contre 1 503, 652 milliards de F CFA en 2018, soit un accroissement en valeur nominal de 196,716 milliards de F CFA et en valeur relative de plus de 13%. A entendre le ministre en charge de l’2cojomie numérique, le gouvernement a mis un accent particulier sur la sécurisation du territoire et des citoyens à travers des allocations budgétaires conséquentes au ministère de la Défense nationale et des Anciens combattants, ainsi qu'au ministère de la Sécurité. En effet, la part du budget de l’Etat allouée aux secteurs de la défense et de la sécurité est passée de 12,49% en 2016 à plus de 16% en 2019.

A l’issue de la présentation du budget de l’Etat, exercice 2019, les députés ont, dans un débat général, exprimé des préoccupations auxquelles Hadizatou Rosine COULIBALY/SORI a donné des éléments de réponses. Ces préoccupations sont relatives, entre autres, aux mesures prises pour améliorer, de façon efficiente, la mobilisation des recettes propres, la prise en compte du genre dans le budget 2019, et les raisons qui bloquent la mise en place du cadastre fiscal..